Quel “psy” choisir ?
Psychiatre, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, psychopraticien… Comment s’y retrouver ?
Lorsqu’on souhaite commencer une thérapie, il n’est pas toujours simple de savoir vers quel professionnel se tourner. Derrière des appellations parfois proches se trouvent des formations, des cadres d’exercice et des approches différents.
Eclaircissons déjà un premier point. Que signifient les catégorie : “titre réglementé” et “titre protégé” ?
Un titre protégé est un titre dont la loi protège l'appellation et fixe les conditions permettant de l'utiliser.
Un titre réglementé est un titre dont la loi encadre l'accès et/ou l'exercice de la profession et peut réserver certains actes à ses professionnels.
Le psychiatre (titre protégé et réglementé)
Le psychiatre est avant tout un médecin spécialisé en psychiatrie. Après ses études de médecine, il s’est spécialisé dans la prévention, le diagnostic et le traitement des troubles psychiques. Parce qu’il est médecin, il peut établir un diagnostic médical, prescrire des médicaments, des examens ou des arrêts de travail et assurer le suivi médical de pathologies psychiatriques. Certains psychiatres pratiquent également la psychothérapie, mais ce n’est pas nécessairement le cœur de la pratique de tous. Son titre et sa profession sont réglementés.
Le psychologue (titre protégé et réglementé)
Le psychologue a suivi une formation universitaire en psychologie répondant aux conditions légales permettant l’usage professionnel de ce titre. En France, le titre de psychologue est protégé par la loi. (Légifrance) Selon sa spécialisation et son lieu d’exercice, le psychologue peut réaliser des entretiens, des évaluations psychologiques, utiliser certains tests et proposer un accompagnement psychologique. Un psychologue peut également pratiquer la psychothérapie et se former à différentes approches thérapeutiques. Le diplôme de psychologue ne signifie donc pas que tous les psychologues travaillent de la même manière. Le titre de psychologue est réglementé.
Le psychothérapeute (titre protégé et réglementé)
En France, psychothérapeute est un titre protégé par la loi. Son usage est réservé aux professionnels répondant aux conditions légales et inscrits au registre national des psychothérapeutes. La réglementation prévoit notamment une formation théorique et pratique en psychopathologie clinique et fixe les conditions d’accès à cette formation. (Légifrance)
Le mot psychothérapeute renseigne donc avant tout sur un statut légal. Il ne désigne pas une méthode thérapeutique particulière.
Deux psychothérapeutes peuvent ainsi travailler de façons très différentes selon leurs formations et orientations complémentaires.
Le psychanalyste (titre protégé et non réglementé)
Le psychanalyste travaille à partir des théories et méthodes issues de la psychanalyse. Son travail s’intéresse notamment aux processus inconscients, à l’histoire du sujet, aux conflits psychiques, aux répétitions et à ce qui se joue dans la relation thérapeutique.
Contrairement au titre de psychologue ou de psychothérapeute, le titre de psychanalyste n’est pas réglementé par l’Etat.
Il existe des écoles et associations psychanalytiques qui organisent leurs propres cursus, exigences de formation et critères d’admission.
Le psychopraticien (titre non protégé et non réglementé)
Le psychopraticien est un professionnel qui propose un accompagnement psychothérapeutique, mais le titre de psychopraticien n’est pas encore réglementé par l’État.
Il n’existe donc pas de diplôme d’État unique donnant accès à ce titre et les parcours peuvent être très différents.
Certains praticiens ont suivi plusieurs années de formation en psychothérapie, psychopathologie et pratique clinique, assorties d’un travail thérapeutique personnel et d’une supervision, quand d’autres peuvent n’avoir suivi que des formations de quelques semaines.
C’est précisément parce que le titre de psychopraticien n’est pas réglementé qu’il est particulièrement important de regarder le parcours réel du professionnel : durée et sérieux de ses formations, formation en psychopathologie, expérience, supervision régulière, formation continue, déontologie et capacité à orienter vers un professionnel de santé lorsque la situation le nécessite.
Tout professionnel de l’accompagnement doit pouvoir être transparent sur son parcours de formation : vous devez pouvoir lui poser les questions que vous souhaitez à ce sujet et il doit pouvoir y répondre.
La psychopathologie participe directement à la sécurité, à la pertinence et à l’éthique de l’accompagnement psychothérapeutique. Une formation sérieuse en psychopathologie constitue donc un socle essentiel pour toute personne qui accompagne en psychothérapie. Elle permet de repérer les différents modes de fonctionnement psychique, d’identifier les signes de fragilité ou de décompensation et de mieux mesurer les limites de son propre champ d’intervention. Il ne s’agit pas nécessairement de poser un diagnostic (seuls les psychiatres sont habilités à le faire - un psychologue ou un neuropsychologue pouvant réaliser une évaluation psychologique - les psychopraticiens et les psychanalystes n’étant pas habilités à poser de diagnostique ni à réaliser d’évaluation psychologique),. Il s’agit de savoir reconnaître lorsqu’une situation nécessite une vigilance particulière, un avis médical ou psychiatrique, ou une prise en charge complémentaire. Cette connaissance permet d’adapter l’accompagnement, de travailler en complémentarité avec d’autres professionnels lorsque cela est nécessaire et, surtout, de ne pas accompagner ce qui dépasse son champ de compétence, en redirigeant alors vers un autre professionnel.